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Quand elle ne dit pas maman à 13 mois, on me demande si je prends parfois le temps de regarder des livres avec elle.

On m’attribue directement ses retards, en me rappelant comment être sa maman. Je sais bien ce que je fais pourtant, est-ce que les préjugés contre les mamans à la maison font effet?

Quand eMon enfant a un retard de langagelle ne dit pas maman à 17 mois, on me réfère chez l’orthophoniste sous les exclamations horrifiées de la famille et des amis « voyons, avant 3 ans, y’a rien là ! »

On diagnostique un retard modéré de langage à 24 mois. Ils trouvent ça encore banal, presque mignon sans comprendre l’ampleur réelle de ce retard.

Petite fille de 2 ans typique, elle fait des crises. Beaucoup de crises. On me dit de lui donner des choix (!!) comme truc presque magique. C’est une belle astuce, si on oublie que son retard affecte sa compréhension et que ça fait 4 jeudi matins que l’orthophoniste et moi travaillons le oui et le non. Les choix ? Elle prend automatiquement le deuxième.

Elle grandit doucement et réussit à prononcer lapin, pomme et encore. On arrive à 3 ans après des mois de travail sur les objectifs de 2 ans, puis 2 ans et demi.

Avec un retard de langage, chaque changement d’âge te donne l’impression de retourner au point de départ. Tadam! Les objectifs visés, presque réussis, viennent de se compliquer.

Donc, 3 ans, de nouveaux objectifs, on continue à sortir les illustrations de verbes chaque jour pour se pratiquer. On vise les phrases maintenant ! Mea culpa, la « magie » du 3 ans n’a pas fonctionné, le retard est resté.

On se rend vite compte que dépassé 3 ans, être la mère d’un enfant qui parle un peu moins clairement devient soudainement moins « mignon ». Parfois même j’ai l’impression que des adultes la rejettent. Est-ce moi ou le pédiatre est plus froid avec elle qu’avec ma grande plus allumée ? C’est peut-être la couche aussi, parce que mon enfant ne fait rien dans les âges recommandés…

Et oups, nous voilà à 4 ans et demi. De nouveaux objectifs nous attendent chez l’orthophoniste (que notre fille reconnaît à son prénom après 2 ans de suivi.) !

Et un jour, mea culpa, c’est moi qui ai osé le soulever chez l’orthophoniste : » Normalement, ça se résoud pas avant 3-4 ans un retard de langage ? Pourquoi pas nous ?   »

Ce que je voulais vraiment dire c’est : ma fille est extraordinaire, intelligente, serviable. Elle essaie de nous dire ce qu’elle veut, ressent, pense, vit et je me retrouve à devoir deviner ce qu’elle veut me dire.

Ce que je voulais vraiment que l’orhophoniste comprenne c’est que parfois je me retrouve face-à-face avec ma 4 ans fâché qui me crit : toi comprends pas quoi veut dire!

Et elle a tout à fait raison. Parce qu’elle as un retard de langage, et que c’est un vraie problème.

Les chroniques Mea-culpa présentent des histoires vraies, sans censure, inspirées du vécu des jeunes familles que nous rencontrons. Tantôt émotives, parfois un peu crues, souvent parsemées d’humour, elles racontent une tranche de votre vie, celle de votre collègue ou de votre fille. 

Vous souhaitez nous partager votre Mea-culpa ? Écrivez-nous à info@cigogneetbaluchon.com. Vous pourriez faire partie des coups de coeur de notre équipe et voir votre texte publié sur notre blogue ! 

2017-05-29T12:46:38+00:00

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