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Je dois vous faire une confession : je n’ai pas pris 1 an de congé de maternité quand j’ai mis mes enfants au monde.  Je n’ai pas pris « juste » les 9 mois du congé court non plus.

Mon premier bébé, ça a été mon entreprise sur laquelle j’ai travaillé très fort et où j’ai investi toute mon énergie pendant les 4 années qui ont précédées l’arrivée de mon premier né fait de chair et de lait. J’ai arrêté mère travailleuse autonomede travailler 2 semaines avant la date prévue de mon accouchement. J’ai quand même profité de ma grossesse pour faire un peu d’aqua-maman et de yoga, mais je n’ai pas eu beaucoup de temps pour m’assoir et me flatter la bedaine non plus. J’ai recommencé à travailler quand bébé avait 3 mois, après une période post-partum mouvementée. Ne vous m’éprenez pas, j’ai pleuré ma vie la journée où je suis retournée au boulot. J’avais l’impression d’abandonner mon enfant et d’être une mauvaise mère. Je me mettais énormément de pression pour réussir. Et j’ai réussi, avec beaucoup de cernes. Je suis même parvenue à allaiter jusqu’à 14 mois, même si ça a impliqué de devenir BFF avec mon magnifique tire-lait électrique.

L’arrivée de bébé 2 a suivi sensiblement le même cours, mais avec une maman moins stressée cette fois. J’ai arrêté de travailler 3 semaines avant ma date prévue, mais poulette s’est pointée le nez  une semaine d’avance. Je suis retournée au travail quand elle avait 3 mois et demi, merci au congé des fêtes qui a retardé mon retour. J’ai allaité aussi longtemps qu’à mon premier, c’est important d’être équitable pour ne pas faire de jaloux! Mais avec 2 enfants et le travail, certaines choses sont un peu mises de côté, faute de temps et/ou d’énergie.

Parfois, lorsque la vie roulait à 100 milles à l’heure, j’enviais un peu les mamans en congé pendant 1 an, qui peuvent rester en mou le matin si ça leur chante parce que la nuit a été terrible, qui ont du temps pour aller prendre des longues marches en poussette avec d’autres mamans et jaser de leur réalité. Je les enviais d’avoir le temps de magasiner tous les accessoires originaux pour leur progéniture et de pouvoir  essayer tous les cours possibles et inimaginables : yoga, pilates, cardio-poussette, aqua-forme, cours de stimulation, de natation pour bébé, langage des signes, etc. Je m’imaginais que leurs maisons à elles étaient impeccables, parce qu’elles avaient du temps et de l’énergie pour ramasser ce que la marmaille éparpille dans une journée.

Mais en même temps, j’ai besoin d’action dans ma vie. J’ai besoin de voir des gens, de bouger, de me sentir utile. Je pense que j’aurais fini par tourner en rond et être un peu triste d’être « prise » à la maison pendant 1 an et de voir quelqu’un d’autre gérer mon entreprise. Pas que je sois carriériste ou que je n’aime pas mes enfants, loin de là. J’adore mes enfants, ils sont la prunelle de mes yeux, et ils me manquent pendant que je suis au travail. J’ai hâte de les entendre m’appeler quand j’arrive à la maison, de recevoir  leurs bisous et leurs câlins et de les entendre me raconter  leur journée. Mais leur maman a besoin d’un équilibre entre la travailleuse, la maman et la femme pour être heureuse.

Heureusement, j’ai un conjoint merveilleux qui peut mettre sa carrière en veilleuse pour rester à la maison la majorité du congé parental. Et savez-vous quoi? J’en suis fière. Mon chum n’a pas peur de rester seul à la maison avec 2 enfants, il connait la routine aussi bien que moi. Les enfants sont aussi à l’aise avec lui qu’avec moi.  Ça fait un papa très impliqué dans le quotidien des enfants  et on fait une super équipe ensemble.

Je n’ai peut-être pas pris 1 an de congé de maternité, mais mes enfants sont heureux et ils se développent bien. Et ils ont une maman heureuse qui fait de son mieux.

 

Les chroniques Mea-culpa présentent des histoires vraies, sans censure, inspirées du vécu des jeunes familles que nous rencontrons. Tantôt émotives, parfois un peu crues, souvent parsemées d’humour, elles racontent une tranche de votre vie, celle de votre collègue ou de votre fille. 

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2017-05-29T12:46:38+00:00

2 Commentaires

  1. Claire Jahier 15 avril 2016 à 11 h 16 min - Répondre

    Merci pour ce témoignage !!! Moi aussi je n’ai pas pris 1 an de congé parental. Je suis chercheure postdoctorante et je perdais ma bourse de recherche, pour laquelle j’avais si durement travaillée, si je prenais plus de 4 mois de congé. Je culpabilise tellement d’avoir repris le travail alors que ma puce a seulement 3 mois et demi. J’ai tellement l’impression d’être une mauvaise mère parfois. J’adore ma fille, je pense à elle toute la journée, mais voilà moi aussi j’ai besoin de cet équilibre travail-famille. Je comprends tout à fait ce que tu ressens… Alors merci de me faire sentir moins seule lorsque je laisse mon bébé chez la gardienne le matin, lorsque ma nuit a compté autant de trous qu’un morceau de gruyère, lorsque ma maison est en fouillis lorsque je rentre le soir et lorsque mes amies font toutes des activités improbables avec leur bébé pendant la journée !!

    • Cigogne et baluchon 15 avril 2016 à 13 h 10 min - Répondre

      Merci pour votre témoignage Claire ! En effet, vous décrivez la réalité de plusieurs femmes. Nous sommes heureux que ce billet vous ait touchée en plus de contribuer à vous faire sentir moins seule dans votre situation. 🙂

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