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Les chroniques Mea-culpa présentent des histoires vraies, sans censure, inspirées du vécu des jeunes familles actuelles. Tantôt émotives, parfois un peu crues, souvent parsemées d’humour, elles racontent une tranche de votre vie, celle de votre collègue ou de votre fille. 

 

Mea-culpa : j'ai prié la fin du temps des fêtes !

Ma fille a eu 4 ans au printemps, mon fils 3 ans à l’automne. Cela fait donc 4 années que mon conjoint et moi essayons d’instaurer des traditions, de titiller l’imaginaire de nos tout-petits en jouant le jeu de la magie de Noël, de se marcher sur l’orgueil en enfilant nos pyjamas avec des motifs de rennes. Tout ça dans le but ultime d’imprégner chez nos amours une nostalgie et des souvenirs impérissables dans leur mémoire et leur cœur. Évidemment, nous y trouvons un plaisir immense et l’émerveillement dans les yeux de nos enfants nous comble d’un bonheur incomparable. Comme à chaque année toutefois, une boule d’angoisse et d’appréhensions commence à naître dans mon ventre environ 3 semaines avant le début du temps des fêtes. L’apparition de ces symptômes étranges qui remontent jusque dans ma poitrine coïncide généralement avec la planification des 12 partys consécutifs aux 4 coins du Québec et le partage de la liste au Père Noël avec la famille.

 

Depuis la mi-novembre, je marque un x dans mon agenda à chaque fin de journée en comptant avec impatience le nombre de jours qui me séparent des « vacances » de Noël. J’accumule des congés mobiles afin de les joindre à mes fériés et ainsi prolonger le temps de qualité passé en famille (parce que de toute façon ma garderie est fermée. Alors que je paie ma gardienne durant ses 2 semaines de congé. Congé qu’elle prend sur le bras des parents. Mais ça c’est un autre dossier …) Or depuis 4 ans, j’ai l’impression que mon temps des fêtes, alors que je devrais me sentir en vacances, ne m’appartient plus. Il est en effet géré d’un bout à l’autre par la famille et la belle-famille. Je ne suis pas naïve au point de penser qu’un temps des fêtes, surtout avec 2 jeunes enfants, est normalement de tout repos ! On se couche tard, les enfants sont fatigués et à fleur de peau, se querellent sans cesse pour tout ou rien, ont mal au ventre parce qu’ils mangent des chips et des Jelly beans au déjeuner (et ça c’est si on est chanceux et que la gastro n’a pas envahi notre maison malgré nous). Tout ça est prévisible, on s’y attend chaque année et on se rappelle que « ça fait partie du temps des fêtes ». Le hic c’est tout ce qui est à l’extérieur de notre cocon familial, de cette bulle remplie de magie, de câlins et de moments en pantalons mous. Le problème c’est le stress et les situations de malaises que nous imposent les autres.

 

Déjà, 12 partys consJ'ai prié la fin du temps des fêtes écutifs entre le 24 décembre et le 3 janvier nous sommes tous d’accords pour dire que c’est trop ! Mais pourquoi on s’inflige ça ? C’est à moi de mettre mes limites me direz-vous. Assurément. C’est ce que j’essaie de faire tant bien que mal depuis 4 ans : m’affirmer. Avant d’être une mère, je pouvais trouver toutes sortes de raisons bidons pour décliner les invitations et choisir les partys auxquels j’avais vraiment envie de me présenter. Depuis la naissance de ma fille, tous me font sentir que je n’ai pas le droit de refuser leur invitation, qu’ils veulent voir grandir les enfants, que je suis sans cœur de choisir d’aller dans une famille plutôt que dans l’autre le 25 décembre, que j’aime plus ma belle-mère que mon beau-père si je vais bruncher avec un et pas avec l’autre le 1er  janvier au matin, et patati et patata. Disons-le, faire plaisir à tout le monde à l’ère des familles reconstituées est tout un casse-tête ! C’est là qu’on se retrouve à avoir au minimum un engagement par jour durant 11 jours. C’est aussi autour du 30 janvier que je commence à prier pour qu’un virus nous attaque de plein fouet (même l’idée de la gastro m’effleure parfois l’esprit dans mes plus grands moments de désespoir) simplement pour que nous retrouvions notre cocon familial, dans une grosse doudou, en pantalons mous.

 

J'ai prié la fin du temps des fêtes

Et que dire de ces innombrables malaises, cumulés en caisse de 12 (ou de 24 ça dépend des familles) ! Sourires forcés, embrassades obligées, on s’efforce à démontrer un minimum d’enthousiasme à écouter matante Jacqueline juger les pratiques éducatives de ses enfants (alors qu’on se sent directement ciblés), à rire des blagues de mo’oncle Roger (qui lui a trouvé la caisse de 24) nous demandant « si on a en un autre en route » en me pointant le bourrelet. Le 24 au soir, je peux en rire. Le 25 aussi, j’ai encore l’énergie de le faire. Mais rendu au 30 janvier, j’ai une intolérance aiguë pour les gens qui l’échappent une fois par année dans la piquette de dépanneur, les réponses machinales aux questions « Ça va toujours bien au travail ? », « Les enfants aiment toujours ça la garderie ? », « Êtes-vous allés en vacances cet été ? », en plus des faces déconfites des grands-parents (et surtout des nouveaux conjoints qui veulent tellement se faire aimer) devant la réaction un peu bof des enfants en déballant leur cadeau. Chez nous, il y a une compétition entre les grands-parents (on est maintenant rendus à 4 paires si on fait le compte) à savoir qui fera le plus grand coup d’éclat avec son cadeau. Ça vous dit quelque chose ? Comme si nos enfants devaient subir les contrecoups des divorces mal gérés de leurs grands-parents encore amers. Je ne vous parle pas ici des enfants qui ne peuvent toucher à rien du décor à la Martha Stewart de la nouvelle conjointe de de mo‘oncle Sébas, de la belle-sœur et de la cousine qui mènent ensemble une lutte de condescendance et de sarcasmes, de beau-papa un peu pompette qui dévoile devant les enfants que c’est mo ’oncle Roger qui fait le Père Noël, du nouveau beau-frère qui veut impressionner mes parents avec son vin à 50 piasses choisi dans « L’espace cellier » de la SAQ … Peut-être me trouverez vous pessimiste et asociale. Je devrais prendre tout ça avec humour, après tout ça n’arrive qu’une seule fois par année me direz-vous. Le problème est là en ce qui me concerne. Si tous ces malaises et situations forcées n’arrivent qu’une seule fois par année, c’est clairement parce qu’on ne cherche pas à recréer ces occasions durant les 11 autres mois et demi suivant. Pourquoi selon vous ? Je l’avoue, j’ai prié la fin du temps des fêtes. Mea-culpa !

 

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2017-05-29T12:46:39+00:00

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