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Ma blonde et moi on était ensemble depuis quelques mois seulement. On s’était rencontré sur un site internet pour célibataires : elle avait glissé son doigt vers la droite quand elle avait vu ma photo, on s’était texté quelques fois, ça avait cliqué.

j'ai peur d'être père

Ça faisait longtemps que j’étais célibataire, et elle aussi. On a commencé notre relation comme des centaines d’autres. Dans un bar, puis dans mon lit. Au début, on ne faisait que ça. On était insouciants, on ne faisait pas toujours attention. Mais on riait, on avait du plaisir ensemble.

Naturellement, quand tu es jeune, en bonne santé, et que tu passes tous tes temps libres à faire du sexe torride avec une fille jeune et en bonne santé en ne mettant que rarement un condom, il y a beaucoup de chances qu’un accident arrive.

Et, naturellement, le dit accident est arrivé.

Un bon matin elle m’est arrivée avec les joues rosies et un petit éclat dans les yeux que je n’avais jamais vu avant. Dans ses mains, un test de grossesse avec un immense PLUS dessus.

J’ai paniqué. Elle avait l’air tellement contente. Pas une once de peur ou d’appréhensions, juste du bonheur, pur. J’ai fait un beau sourire hypocrite et je l’ai embrassée, mais en dedans de moi, il y avait une véritable tornade de frayeur qui faisait rage. J’ai tellement paniqué que j’ai couru à la salle de bain et j’ai vomi. Heureusement, elle ne m’a pas entendu.

Mea-culpa d’avance pour ce que je vais dire…j’ai pas choisi d’être père, moi ! Ça m’est tombé dessus, un peu, beaucoup, par ma faute…mais c’est vraiment pas ça que je voulais18 dans la vie !

Moi, le cave, j’avais mis une fille enceinte. Une belle fille, intelligente, aimable, gentille, pleine d’ambitions. Ça ne faisait pas si longtemps qu’on était ensemble, mais, je l’aimais bien, je me sentais bien quand j’étais avec elle. Et là, j’avais tout gâché.

J’avais un peu – pas mal ! – le goût de lui demander de se faire avorter. Mais je la voyais, quand elle pensait que je ne la regardais pas. Elle se flattait doucement le bas ventre et elle avait un petit sourire tellement attendrissant.

J’ai essayé de prendre mes distances quelques jours. Sauf que je me trouvais tellement looser. Quel genre de tata laisse sa blonde passer les premiers jours de sa première grossesse toute seule. Alors je me suis pilé dessus et j’ai fait ce qu’il fallait faire.

Je suis allé avec elle à ses rendez-vous et ses prises de sang, j’ai tenu ses cheveux et essuyé sa bouche quand elle vomissait sa vie, j’ai acheté deux mille livres sur la paternité.

Une bonne journée on est allés ensemble à un énième rendez-vous. La clarté nucale, qu’ils appellent ça. Ma blonde s’est couchée sur la table et le docteur a commencé l’examen. Et là, sur l’écran, on l’a vu. Notre petite chose. On entendait son cœur battre aussi vite que le mien, on le voyait bouger. Il y a une autre sorte de tornade qui s’est levée, en moi. J’avais encore aussi peur, mais c’était une peur différente. J’avais peur de ne pas pouvoir le protéger de tout, de manquer de place dans mon cœur pour l’aimer.

Et puis oui, après ça, je l’avoue. J’ai pleuré. Mais dites-le pas à personne, ok ?

 

Les chroniques Mea-culpa présentent des histoires vraies, sans censure, inspirées du vécu des jeunes familles que nous rencontrons. Tantôt émotives, parfois un peu crues, souvent parsemées d’humour, elles racontent une tranche de votre vie, celle de votre collègue ou de votre fille. 

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2017-05-29T12:46:38+00:00

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