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Les chroniques Mea-culpa présentent des histoires vraies, sans censure, inspirées du vécu des jeunes familles actuelles. Tantôt émotives, parfois un peu crues, souvent parsemées d’humour, elles racontent une tranche de votre vie, celle de votre collègue ou de votre fille. 

 

Durant toute ma grossesse, j’avais planifié un accouchement naturel avec une sage-femme. Pas parce que c’est cool ou à la mode, pas parce que j’ai lu Les Accoucheuses ou Les filles de Caleb, ni parce que je déteste les médecins et les hôpitaux.

Ce que je voulais, c’est que mon petit bébé naisse dans un petit cocon tranquille, doucement, dans la pénombre et le calme.

Je voulais être maîtresse de mon corps. Je voulais sentir les contractions, mon petit bébé qui se fraie un passage entre mes jambes, parce que lui aussi allait le sentir. Je voulais être en équipe avec lui.

Le problème c’est que  parfois la vie en décide autrement.Mea culpa mon bébé

Parfois le BÉBÉ en décide autrement ! Et le mien a décidé de s’asseoir en tailleur dans mon utérus, et de se présenter par le siège.

Mea Culpa mon bébé, tu ne viendras pas au monde dans la paix.

J’ai tellement pleuré ! Ma sage-femme devait me transférer à un gynécologue. Finies les rencontres d’une heure où on discute de mes émotions et du vécu de ma grossesse ! Je devais maintenant aller passer un gros CINQ minutes par rencontre dans un bureau froid, en jaquette d’hôpital, avec un monsieur pressé. J’allais devoir me présenter aux petites heures du matin à l’hôpital, à une date précise, pour avoir une césarienne.

C’était un immense échec pour moi. J’avais complètement perdu mes repères. Tous mes espoirs d’une naissance douce et calme s’étaient envolés.

Mais le hasard fait bien les choses. Ma sage-femme m’a transféré à un gynécologue de la vieille école. Un monsieur, certes, mais pas pressé et surtout qui m’a écouté. Qui a entendu ma détresse. Et qui m’a offert un essai de travail par le siège.

J’ai donc attendu la venue des premières contractions, et je me suis rendue à l’hôpital plutôt qu’à la maison de naissances. Ce n’était pas aussi paisible que je l’avais imaginé, mais mes désirs étaient respectés, j’ai pu prendre un long bain tourbillon dans la pénombre, faire du ballon dans ma chambre seule avec mon conjoint – bref, on n’était pas loin du rêve.

Mais tout a brusquement basculé quand le gynécologue est venu m’examiner. Il a dit quelque chose à propos d’une présentation par les pieds. Césarienne d’urgence.

Mon rêve s’est écroulé.

Tout le monde se dépêchait autour de moi, pour me préparer pour l’opération. On me posait mille questions pendant que mon travail continuait. On m’a enlevé mes bijoux pendant qu’une infirmière me rasait le pubis. On m’a tenue immobile pendant que l’anesthésiste me faisait une péridurale. Mon conjoint est parti enfiler des vêtements stériles. J’étais complètement déconnectée de mon bébé.

Puis, on m’a emmenée en salle d’opération, mon conjoint est revenu, et la césarienne a commencé.

Je ne voyais rien, je sentais seulement qu’on jouait dans mon ventre.

Et il est arrivé. L’infirmière l’a pesé, mesuré, emmailloté, et elle est venue me le montrer.

J’ai vu deux magnifiques, immenses yeux bleus, puis plus rien. Tout le monde s’agitait autour de moi. Hémorragie. Mon utérus fatigué ne contractait plus assez pour stopper la perte de sang.

J’ai finalement pu prendre mon bébé quelques heures plus tard. Les plus longues heures de ma vie.

Mea Culpa mon bébé. Ta naissance n’a pas été le plus beau jour de ma vie. Loin de là !

Heureusement, toi, tu étais là. Toi, tu as réussi à mettre un baume sur ma grosse plaie béante. Toi, tu as été le plus beau cadeau que la vie m’a offert.

 

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2017-05-29T12:46:39+00:00

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